0

Comment corriger un roman ?

La relecture

C’est un travail fastidieux et qui pique les yeux ! Mais c’est nécessaire, après le premier jet, pour ficeler au mieux votre histoire. Il existe plusieurs niveaux de relecture en fonction du but à atteindre : est-ce pour améliorer le déroulement de l’intrigue, rééquilibrer les paragraphes, réorganiser certains chapitres ou réaliser simplement une correction orthographique pure ?

Corrigez d’abord le fond, puis la forme

Première étape, remaniez le fond. C’est primordial avant d’entamer une correction orthographique. C’est à cette étape que vous devrez « prendre de la hauteur » sur l’ensemble de votre roman.

Dans un premier temps, relisez votre synopsis, le résumé de vos chapitres, ainsi que vos fiches de personnages. Dans le but d’obtenir une synthèse plus large qui vous permettra par la suite de détecter plus facilement les incohérences, les manques de détails sur telle scène ou d’identifier les chapitres trop longs. Quand je dis trop long, je ne parle pas de longueur en nombre de caractères, mais plutôt des passages mous, sans consistance ou qui ne font pas avancer l’intrigue.

C’est à ce moment précis que vous devez remanier des paragraphes, les chapitres ou les phrases bateau. Il n’y a pas de règles précises pour savoir quoi garder ou supprimer. Vous le sentirez tout simplement à la relecture.

Je sais que ça fait mal de supprimer plusieurs lignes, voir plusieurs paragraphes. Mais c’est un mal pour un bien qui améliorera l’ensemble et dynamisera votre intrigue.

Posez-vous les questions suivantes pour vous aider à la relecture de chaque chapitre :

  • Mon chapitre possède-t-il un début, un milieu et une fin ? Est-il bien découpé ?
  • À quelle problématique répond ce chapitre ? Est-ce que le lecteur apprend quelque chose d’utile ? Renferme-t-il une scène d’action ou une information importante sur un personnage (psychologique, physique ou évènement important de son passé) ?
  • Est-ce que les descriptions sont suffisantes pour l’imaginaire du lecteur sans qu’il soit noyé dans des détails inutiles ?
  • Est-ce correctement équilibré ? Par exemple, réaliser une description sur les trois quarts du chapitre qui se termine sur une scène d’action de deux lignes n’est pas très judicieux (sauf si la description permet d’enfermer ou de guider le lecteur dans une ambiance le menant à cette scène d’action).
  • La description des lieux, des personnages et les dialogues sont-ils cohérents ?
  • Les phrases : éviter les phrases interminables et/ou bourrées d’adverbes. Usez et abusez des points et des virgules pour apporter du rythme à un paragraphe. Des phrases plus courtes par exemple quand l’action se rapproche.

Les logiciels de correction orthographique

Ils ne sont pas infaillibles, loin de là, mais vous devez au moins en acheter un.

L’avantage, c’est qu’une même correction peut-être appliquée à l’ensemble de vos erreurs en un seul clic. D’où un gain de temps énorme. Mais vérifiez les propositions et ne les acceptez pas les yeux fermés.

Les logiciels de correction orthographique vont détecter une bonne partie de vos fautes. Mais il ne les repérera pas toutes comme les mots manquants, inversés ou certaines erreurs typographiques.

C’est un investissement financier, mais qui est à mon sens indispensable.

Antidote (environ 100 €)

Logiciel canadien développé par Druide. Certainement le plus utilisé et le plus complet.

C’est le logiciel que j’utilise et qui permet de rechercher les erreurs orthographiques, de syntaxe, de conjugaison, les répétitions et les mauvaises tournures de phrases. Il intègre aussi des dictionnaires. Ses possibilités sont très nombreuses.

Cordial (environ 120 €)

Développé par Synapse Développement, il offre les mêmes caractéristiques que son grand frère Antidote, mais un cran en dessous. Il s’intègre aussi parfaitement à Word. J’aime moins son interface, plus confuse et moins riche que celle d’Antidote. Sa correction est moins précise et moins fine que celle d’Antidote.

Le Robert Correcteur (99 €)

C’est pour moi celui qui s’approche le plus d’Antidote. Tant au niveau de sa fiabilité, que de son intégration. Son interface est agréable à utiliser et vous pouvez le tester pendant trente jours gratuitement.

Bonus

Une petite extension que je viens de découvrir et qui est à installer dans Chrome. Elle vous rendra de grands services : Languagetool

Vous pourrez corriger vos erreurs directement et en temps réel au moment où vous tapez votre texte. C’est un combo génial avec Google Docs.

La correction dans Word

Oubliez-la ! Word corrigera certaines erreurs, mais ne vous fiez pas à lui. C’est un logiciel pour taper du texte et faire de la mise en page. Mais ne comptez pas sur ses corrections souvent non pertinentes ou erronées.

Les dictionnaires et correcteurs en ligne

BonPatron

Pour des petits textes pas compliqués.

Larousse

Correction en ligne et dictionnaires accessibles. On ne présente plus le sérieux de Larousse qui est une référence.

Sribens et FrancaisFacile

Je n’ai pas testé ces services, mais toujours la même limitation dans leur utilisation (nombre de mots / jour, inscription…).

Cordial en ligne

Limité en nombre de mots, inscription obligatoire… Tout est fait pour vous faire acheter le logiciel. À éviter.

Le cercle d’amis

C’est un réflexe naturel de vouloir partager son roman dès la fin de rédaction à quelques amis pour recueillir les avis. Mais c’est à double tranchant. Certains vont chercher à « vous retrouver » au travers des personnages ou des actions. D’autres, qui vont connaissent intimement, pourraient pour ne pas vous blesser être dithyrambique malgré les faiblesses de votre oeuvre.

Ce qui peut être intéressant, c’est de confier votre tapuscrit à un/une amie professeur ou qui travaille dans le monde de l’édition pour obtenir une première correction.

Donc à vous de voir. Mais sachez que le parti pris de vos amis pourrait ne pas être bénéfique pour une critique constructive.

Faire soi-même la correction

Il est tentant après avoir procédé à plusieurs niveaux de relecture de terminer son travail par une dernière correction orthographique poussée. Et de se dire « c’est parfait, je ne constate plus aucune faute ». C’est totalement illusoire. Vous pourriez relire votre roman dix fois qu’il resterait encore et toujours des fautes et autres coquilles qu’on adore…

Même avec la meilleure attention du monde, votre œil et votre cerveau ne sont pas infaillibles.

Je vais vous confier un secret incroyable : pour un résultat professionnel, faites appel à un professionnel ! Lui seul sera à même de traquer et d’éradiquer ces vilaines bêtes.

Mes conseils

  • Après avoir terminé votre roman, laissez-le reposer ! Quelques semaines ou quelques mois, peu importe. Vous devez, comme une pâte à pain, attendre pour que ce soit meilleur. Prendre du recul sur votre histoire, c’est la laisser de côté, faire autre chose pour mieux y revenir ensuite.
  • Trouvez plusieurs bêta lecteurs objectifs qui seront capables de vous fournir précisément des informations sur ce qu’il a aimé ou pas en argumentant. Il faut des détails précis, mais aussi que les suggestions et l’échange soient constructifs.
  • Je n’aime pas gâcher du papier pour rien. Mais je pense qu’il est indispensable d’imprimer au moins une fois son roman pour une lecture sur papier. Le regard est différent et cela (en tout cas pour mois) permet de repérer plus facilement les faiblesses de son écrit.
  • N’hésitez pas relire votre tapuscrit à voix haute. Les non-sens ou phrases inutiles vous sauteront aux oreilles !
  • Au lieu de raconter, faites-le raconter ! Plutôt que de fournir des informations essentielles en le racontant, intégrez-les dans un dialogue.
  • Taillez, coupez, élaguez, rafraîchissez ! C’est le grand ménage de printemps aussi pour votre roman.
  • Si vous souhaitez vraiment améliorer votre niveau en français, achetez les yeux fermés « Bescherelle le coffret de la langue française : la conjugaison, l’orthographe, la grammaire » (27,50 € sur Amazon). Les choisir comme livres de chevet sera votre meilleure décision !

Pour terminer

Écrire un livre représente un gros travail ainsi qu’un énorme investissement en temps. Mais c’est une partie seulement de votre implication. Vous devrez endosser plusieurs casquettes (auteur, VRP, communicant, vendeur…). La finalité d’un livre, c’est qu’il soit lu.

Ne gâchez pas tout avec un texte qui ne serait pas corrigé, car cela nuirait à l’intégralité de votre travail.

Maxime

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée.